« L’alcool était ma compagne » (Claude)

Accro à l'alcool, violent, à la rue, Claude veut en finir avec la vie. Il est au fond du trou. Jusqu'à ce samedi 10 janvier 1987 à 19H10.
Quand j’étais petit, j’avais un étrange handicap : je me levais d’un coup et faisais un tour sur moi-même comme une toupie. J’avais aussi plein d’autres tics qui me valaient les moqueries de mes petits camarades. J’avais la face balafrée, avec une impressionnante cicatrice sur le front, due à une chute. Chaque jour, les remarques des autres me transperçaient le cœur. Le feu de la haine couvait en moi.

À 14 ans, j’étais devant le tribunal pour enfant : avec un complice, j’étais devenu un pro de la rapine.

À 5 ans, une voisine m’a donné mon premier verre d’alcool. De petit verre en petit verre, je suis devenu dépendant de cette boisson qui m’élevait au-dessus de ma souffrance quotidienne. À 11 ans, j’ai connu l’hôpital psychiatrique. À 14 ans, j’étais devant le tribunal pour enfant : avec un complice, j’étais devenu un pro de la rapine.
 À 17 ans, 21 ans et 25 ans, entre deux petits boulots, retour à la case prison, toujours pour la même raison. L’alcool était devenue ma compagne. Combien de fois je me suis retrouvé au trou pour ivresse sur la voie publique… Ma mère était mon seul bouclier d’amour. Quand elle est morte, le 8 octobre 1981, a commencé pour moi la clochardisation. Quelque temps après, j’ai rencontré une femme. Pour elle, j’ai voulu arrêter de boire mais je n’ai pas réussi. Dans une crise de delirium tremens, un soir de juin 1986, j’ai même essayé de poignarder son fils…

Je vois défiler toute ma vie, tout le mal que j’ai fait. Je décide d’aller boire l’argent qu’il me reste et de me laisser mourir.

Ce samedi 10 janvier 1987, je me suis vu mourir comme un rat. Une nouvelle cuite me conduit plus que jamais au fond du trou… Je n’ai plus rien d’humain et je n’attends d’ailleurs plus rien de la vie. Je quitte l’hôpital : je suis en manque, il faut que je boive. Je me saoule. Je fais un détour par chez mon ex : je veux la frapper. Prévenus, les flics menacent de m’embarquer. Je pars. Je veux crever…
Soudain, la peur me saisit au ventre. Je vois défiler toute ma vie, tout le mal que j’ai fait. Je décide d’aller boire l’argent qu’il me reste et de me laisser mourir. J’entre dans un café. Je commande une bière. Je suis désespéré. Je commande une 
deuxième bière.Soudain, alors que je porte le verre à mes lèvres, une voix intérieure m’arrête net. J’entends : « Lève-toi, marche, Claude, c’est ton heure. Je suis là, moi, je t’aime. » Je lève les yeux et, devant moi, une pendule indique 19H10. Sans réfléchir, j’appelle l’homme qui m’a laissé son numéro, il y a un an, à une réunion sur l’alcool. Serge. Il vient me chercher et m’ouvre la porte de sa maison. Lui, sa femme et ses deux enfants, m’hébergent pendant deux mois, sans rien me demander, si ce n’est d’aller aux réunions des Alcooliques Anonymes. En toute confiance, ils me laissent même les clés de leur appartement, à moi, l’ancien voyou !
Lentement, je reviens à la vie. Je vais demander pardon à mon ex, puis peu à peu à tous mes proches. Je rencontre le père Yves Aubry, un homme extraordinaire (fondateur de la Fraternité des prisons le Bon Larron). Je commence alors à témoigner de ce que Dieu a fait pour moi.
Mes démarches de pardon me font retrouver un neveu : heureux de me revoir, il achète une petite maison qu’il me loue à un faible prix.
 Je m’installe.

Le 11 avril 1998, je reçois le baptême en même temps qu’une petite fille de trois mois : je la prends dans mes bras pour recevoir l’eau du baptême avec elle.

Dans cette nouvelle région, je sympathise avec des religieuses et un couple qui deviennent mes amis. En 1996, ils m’emmènent à Reims à l’occasion de la venue de Jean Paul II. Au retour, je leur dis : « Je voudrais être baptisé. »
 Le 11 avril 1998, je reçois le baptême en même temps qu’une petite fille de trois mois : je la prends dans mes bras pour recevoir l’eau du baptême avec elle.
Ma vie est passée de la haine à l’amour, du remords au pardon, de l’humiliation à l’humilité, de la souffrance à l’espérance, de la pauvreté à la richesse du cœur, du malheur au bonheur. Chaque matin, je dis : « Merci Seigneur pour ce jour neuf ! Que ta volonté soit. Jésus, j’ai confiance en toi ! »

Claude

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