« À quoi bon avoir peur ? » (Clotilde)

Clotilde et Nicolas, un jeune couple heureux parents de six enfants en bas âge, ont ressenti un appel commun à accueillir un enfant trisomique. Une décision qui leur a valu un vrai parcours du combattant. Mais aussi la joie immense d'accueillir leur petite Marie!
Tu étais née dans mon cœur il me semble depuis toujours. Enfant, je rêvais de vivre avec l’autre, surtout s’il était différent de moi. En 2004, ce sentiment est devenu plus vif après la naissance de notre quatrième enfant. J’étais prête à accueillir un enfant de plus, un enfant pas comme les autres. Tu étais déjà bien là. Tu résonnais tellement dans mon cœur que cette idée revenait sans cesse. Exactement comme les coups de pied que donnaient tes frères et sœurs pour me rappeler leur présence quand ils grandissaient dans mon ventre…

Ce long chemin jusqu’à toi est bien difficile.

Un moment seuls tous les deux au calme, je parle de toi à Nicolas. Sa réponse est rapide, coulant de source. À lui aussi, ta venue lui apparaît comme une évidence.
Premières démarches, premiers pas vers toi. Nous poussons les portes du conseil général. Réunion d’information. Pendant les nombreux rendez-vous qui suivent avec psychologue et assistante sociale, nous expliquons notre projet d’accueillir un enfant différent. Puis, arrive le moment d’en parler à tes six frères et sœurs. Au retour de vacances de Noël, le jour du réveillon dans une chambre d’hôtel, c’est ton papa qui, la joie au cœur, leur annonce la nouvelle. Les aînés n’en finissent pas de nous poser des questions. Ils sont heureux de cette nouvelle vie qui s’annonce, mais nous livrent aussi leurs craintes légitimes.
Ce long chemin jusqu’à toi est bien difficile. Devant tous les obstacles, j’ai eu des moments de doute, de désespoir même. Mais à chaque fois, j’ai eu la chance d’apercevoir de sacrés clins d’œil qui me faisaient reprendre la route avec confiance. Je n’avais jamais ressenti l’amour du Christ. Un amour inconditionnel. Il me choisit, moi ? Mais pourquoi ? Pourquoi me fait-il tant confiance ? Après la rencontre d’un médecin qui comprend notre projet, ma foi prend un caractère personnel. Le Christ m’appelle par mon nom. J’accepte de faire alliance avec lui. Je décide de foncer. Je garde au plus profond de moi cette phrase : « Aie confiance. » À quoi bon avoir peur ? Je ne suis pas seule.

Le grand jour arrive enfin. Le 31 mai 2013, c’est l’excitation générale à la maison. Ton lit est prêt depuis début janvier.

Les rendez-vous et rencontres se succèdent sans fin. Des centaines de coups de fil, de messages, de dossiers, de courrier… Deux logiques s’affrontent : d’un côté les personnes qui s’occupent des enfants abandonnés ; de l’autre les professionnels chargés d’évaluer l’aptitude des familles et qui n’ont jamais assez de garanties. Et nous, nous sommes au milieu. Cette longue attente était l’épreuve la plus lourde que nous ayons traversée en treize ans de vie commune. Après toutes ces démarches, la sentence est tombée une première fois : « avis défavorable » de l’assistante sociale ; « avis réservé » de la psychologue. Nous avons 48 heures pour rédiger une réponse à ces conclusions. Le passage devant la commission est prévu quelques jours après. La commission voulait faire des investigations supplémentaires. Après une nouvelle salve d’entretiens, de découragements, de déception, d’amour renforcé dans l’épreuve, enfin, l’agrément pour t’accueillir nous était accordé… Quelle joie indescriptible ! La pression retombe enfin au bout de deux ans d’un très éprouvant parcours du combattant.
Le grand jour arrive enfin. Le 31 mai 2013, c’est l’excitation générale à la maison. Ton lit est prêt depuis début janvier. Tu te loves dans ce petit nid douillet. Tu es si belle ! La première nuit, je ne me lasse pas de te regarder comme un trésor. Un trésor enfin trouvé.
Les enfants passent tout leur temps avec toi. Oui, la greffe prend. Tu es choyée comme une princesse. Nicolas se réserve le biberon du soir. C’est à chaque fois un tête-à-tête bien émouvant. Quant à moi, je profite de toi quand la tribu est à l’école, sinon, impossible de t’approcher ! Tu t’épanouis. Les médecins sont frappés par ta transformation rapide.

Notre but n’était pas de te posséder mais de t’aimer.
Nous sommes arrivés jusqu’à toi, enfin. Notre but n’était pas de te posséder mais de t’aimer. Nous pouvons te serrer fort dans nos bras, t’aider à t’éveiller. Ce n’est pas la fin d’une histoire, mais un point de départ.

10_Couv TdNTombée du nid
Clotilde Noël,
Terra Mare Éditions, 2015

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Clotilde

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