« Patrick est toujours avec nous » (Coralie)

VIDÉO. Un coup de foudre dans un ciel bleu. C'est ce qu'a vécu Coralie quand elle a appris que son mari Patrick était atteint d'une tumeur incurable au cerveau.

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Il y a quelques années, rien ne semblait manquer à notre bonheur familial : mon mari Patrick et moi nous filions le parfait amour, nous attendions un deuxième enfant, faisions construire une maison et chacun de nous s’épanouissait dans sa vie professionnelle. Nous étions heureux aussi de vivre en Guyane. C’est alors que nous avons appris que Patrick souffrait d’une tumeur cérébrale. Afin qu’il mobilise toutes ses forces pour lutter contre la maladie, les médecins ont fait croire à mon mari qu’il pouvait s’en sortir. Dans le même temps, ils m’ont révélé qu’en réalité il était perdu, et qu’il fallait que je me prépare à sa mort. Vivre dans ce mensonge m’était insupportable.

Patrick a été rapatrié en métropole tandis que moi, arrivant presque au terme de ma grossesse, je devais rester en Guyane. Nous avons donc été séparés pendant près d’un mois.

Je suis entrée dans une église. J’ai prié. Et à partir de ce moment-là, j’étais très paisible.

J’étais révoltée face à l’injustice de cette situation sans issue : pourquoi nous ? Nous avions encore tant de bonheur à vivre ! Six mois avant la mort de Patrick, je suis entrée dans une église. En franchissant le seuil, j’ai ressenti une grande paix. Sur une feuille déposée là, une neuvaine était conseillée. Il fallait s’engager à venir prier pendant neuf semaines dans cette église.
La prière ne m’était pas inconnue. Baptisée par tradition, j’avais grandi dans une famille sans pratique religieuse. Mais au moment du divorce de mes parents, maman et moi avions prié le psaume 21 qui dit « Le Seigneur est mon berger ». Cela nous avait été d’un grand soutien. À l’adolescence, l’expérience du scoutisme m’avait ouverte à une dimension spirituelle. En même temps, j’avais alors considéré que le message de l’Église était complètement déconnecté de la vie réelle. De son côté, mon mari avait reçu une certaine ouverture à la foi par le biais de l’école catholique qu’il avait fréquentée. Après une période de cohabitation, nous nous étions mariés à l’Église et avions fait baptiser notre première fille.
Je me suis donc engagée dans cette neuvaine. Ma mère l’a faite avec moi, ainsi que ma sœur, alors en voie de conversion. Au fur et à mesure de ces neuf semaines, j’ai compris que je n’étais pas seule : le Seigneur était là. Il vivait cette épreuve avec moi, il me portait et m’aidait à apprendre à me laisser porter. Je lui ai ouvert les portes de mon cœur. Et à partir de ce moment-là, des choses étonnantes se sont produites dans ma vie : des rencontres déterminantes, des soutiens inattendus, des retournements de situation favorables, etc. J’étais très paisible.

J’ai confié à Patrick que j’avais découvert que Dieu était présent dans notre vie, et qu’il ne nous abandonnerait jamais.
Patrick est rentré en soins palliatifs. Il se battait toujours. Il souffrait beaucoup physiquement mais aussi moralement. La psychologue à laquelle j’avais confié la transformation que j’étais en train de vivre m’a suggéré de lui en parler car, pensait-elle, il avait besoin de l’entendre. Un soir, prenant mon courage à deux mains, je lui ai dit que je savais qu’il allait mourir, que ce n’était plus la peine qu’il se batte. Je lui ai confié aussi que j’avais découvert que Dieu était présent dans notre vie, et qu’il ne nous abandonnerait jamais.
Le lendemain, il tombait dans le coma, et trois jours après, il nous quittait. Admis dans une clinique catholique, il avait pu bénéficier d’un très bel accompagnement de fin de vie.

En même temps que je pleurais, une joie montait du plus profond de mon cœur. Et cette joie ne me quitte plus.

Le dernier jour, ne supportant plus de le voir souffrir, je suis sortie. Dans la cour, il y avait une statue de la Vierge Marie. Je l’ai priée : « Marie, prends-le dans tes bras afin qu’il ne souffre plus. » Quand je suis remontée dans la chambre, il était mort.
Les funérailles de Patrick ont été célébrées à l’église Sainte-Jeanne-d’Arc, alors que nous nous étions mariés dans une église du même nom, et par un ami du prêtre qui nous avait mariés à l’autre bout de la France… Nous vivions cette épreuve par la grâce du sacrement de mariage.
Très vite, j’ai rencontré un groupe de prière et découvert la louange. Des personnes que je ne connaissais pas ont prié pour moi : j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et en même temps que je pleurais, une joie montait du plus profond de mon cœur. Et cette joie ne me quitte plus. Dieu est présent dans ma vie et j’ai l’assurance que Patrick veille sur nous.

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